Alger la Blanche

Annaba

Adossée au lourd massif de l’Edough, à l’ouest d’une vaste baie à l’abri des vents du nord-ouest, Annaba étend de vastes zones industrielles et de grands ensembles vers le sud et le sud-est.

Au recensement de 1987, elle constituait (El Bouni compris) la quatrième ville algérienne, avec une population de 305 000 habitants, portée en 1994 àprès de 480 000. Annaba est, avec El Hadjar (39 500 habitants y compris Sidi Amar), un des principaux pôles industriels algériens, comportant une trentaine d’unités et de complexes publics et 27 000 salariés face à une industrie privée demeurée bien médiocre.

Sa réalisation d’abord, son fonctionnement ensuite ne vont pas sans conflit avec une agriculture de plaine favorisée par de bonnes conditions naturelles (forte pluviométrie, sols alluviaux et dunaires) et des moyens de mise en valeur (barrage du Bounamoussa).

Ce potentiel industriel, surtout métallurgique, repose, outre les usines de matériel ferroviaire, sur le complexe sidérurgique d’El Hadjar. Celui-ci, en activité depuis 1969, emploie deux tiers des travailleurs industriels de l’agglomération. Sa production annuelle est tombée d’un maximum de 1,5 million de tonnes de fonte et 1,4 million de tonnes d’acier en 1987-1988 à 1 million et 800 000 dès 1990. Ce recul a entraîné dans des proportions voisines des ronds à béton destinés à la construction et des tubes d’acier utilisés surtout dans l’industrie pétrolière. De même, la production du complexe d’engrais phosphatés est tombée de 270 000 tonnes par an en 1984-1987 à 173 000 tonnes en 1990.

Cette baisse, continue depuis 1986-1987, réduit le rôle régional et national de la ville dans les activités minières en amont et dans les activités industrielles et agricoles en aval. Le chômage technique qui en résulte favorise le développement des conflits sociaux dans une agglomération où la croissance antérieure avait déterminé une attraction démographique importante sur les campagnes et les villes de l’extrême Est algérien marquées par un sous-emploi encore très élevé jusqu’au début des années 1970.

Un gros effort consenti par l’État, qui réalisé plus de 20 000 logements dans les zones d’habitat urbain nouvelles de la wilaya — Z.H.U.N. —, n’a pu permettre de résorber un habitat précaire porté de 700 baraques en 1969 à plus de 10 000 en 1984, abritant alors le cinquième des habitants de l’agglomération, depuis lors tout simplement reporté, par son « éradication », sur des sites périphériques pourvus d’un minimum d’équipements. Le desserrement urbain inégalitaire entre Z.H.U.N. et recasement mais aussi lotissements a abaissé la croissance démographique annuelle de la ville elle-même de 4 p. 100 entre 1966-1977 à 2 p. 100 ensuite.
L’emploi suscité dans le bâtiment au cours des années 1980 (jusqu’à 15 000 salariés, pour les quatre cinquièmes dans le secteur public) a régressé depuis lors, aggravant un chômage déjà amorcé par le recul des activités industrielles et favorisant la prolifération d’activités tertiaires et informelles que facilite la proximité des frontières Est du pays.

La crise des années 1990 remet en cause le raffermissement antérieur des fonctions de commandement et de desserte de l’aire métropolitaine d’Annaba sur son arrière-pays (Guelma, Tébessa, Souk-Ahras...), y compris pour l’extraction minière : le recul de l’usinage des minerais de fer et de phosphates s’est accompagné également du recul ou de la stagnation de leur exportation depuis 1987-1988.

Malgré le partage des fonctions régionales avec Constantine — Annaba est le siège de plusieurs entreprises publiques de réalisation et de desserte régionales et d’une université de 15 000 étudiants —, elle ne peut encore lui ravir sa place de capitale de l’Est algérien.

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