Alger la Blanche

Bac - Algérie : D'abord l'interêt des élèves

Exception faite des dégâts matériels occasionnés par le séisme du 23 mai - qui, nous l’espérons, seront réparés d’ici à la rentrée de septembre prochain —, l’année scolaire en cours ne pénalisera pas les élèves des cycles primaire et moyen, ainsi que les 1res AS et les 2es AS des wilayas touchées.

Les mesures prises dans ce sens par le ministère de l’éducation nationale peuvent être considérées comme bénéfiques. Il reste, toutefois, à négocier la date du bac.

Si la date initiale du 7 juin est maintenue, ce sera un nouveau séisme qui retentira dans les oreilles et l’esprit de ces lycéens traumatisés. Le bon sens et la sagesse commandent de privilégier l’intérêt des élèves sinistrés. Question de morale, sans plus. De dimension nationale, cet examen est soumis à des règles qui garantissent, avant tout autre considération, un principe cardinal, celui d’équité. Ce qui consiste à placer sur un même pied tous les candidats. Et ce principe d’équité se manifeste en priorité dans les deux phases qui précèdent et déterminent la date-butoir. En premier lieu, une phase de bouclage des programmes.
À ce niveau, les lycéens de la wilaya de Boumerdès n’ont pas de problèmes : le séisme ayant eu lieu après le bac blanc. Ce qui n’est pas le cas des élèves de la wilaya d’Alger. Ils connaissent un retard dû aux grèves perlées de leurs enseignants.
La phase de révision — de deux à trois semaines — sera celle qui manquera pour la majorité des candidats. Évaluation faite, il est aisé de constater l’impossibilité de garantir ce principe d’équité au cas où la date du 7 juin viendrait à être confirmée. D’où l’idée de son report largement partagée. Et là, deux approches s’opposent, avec pour chacune sa date.
L’approche purement administrative militera pour une date allant de la fin juin à la mi-juillet. Ainsi, le calendrier des inscriptions à l’université ne sera pas bousculé et les quotas des vacances assurés.
Cette manière d’agir présente le défaut de minimiser les aspects d’ordre pédagogique et psychologique : la nécessaire remise à niveau psychologique des élèves encore sous le choc et la phase de révision. Cette prise en charge psychologique est incontournable. Elle seule pourra remettre ces élèves en état de fonctionner normalement, tout au moins terminer la phase de révision et celle de rattrapage dans la sérénité (toutefois relative).
Quant à l’approche pédagogique, elle est basée sur l’intérêt des élèves exclusif, quitte à remanier les différents calendriers, les vacances et les habitudes de fonctionnariat. Dans cet ordre d’idées, le facteur temps doit être fructifié à plein. Un simple calcul nous mènera jusqu’à la première semaine de septembre.
À condition — cela va de soi — que des mesures d’accompagnement soient dégagées et respectées scrupuleusement. Ce qui suppose acquis un élan de mobilisation et de solidarité de tous les personnels concernés par l’encadrement des élèves. Sans rentrer dans les détails techniques de ces mesures, nous insisterons plus particulièrement sur le fameux principe d’équité garanti par la réglementation. Il ne pourra devenir opérationnel que si, et seulement si, les élèves de terminal, doublement touchés par le drame et les grèves, bénéficient du temps nécessaire et indispensable à une bonne préparation. Cette dernière s’articule sur trois actions : en urgence, le soutien psychologique puis le bouclage des programmes et la phase des révisions. Ce plaidoyer ne saurait être complet sans une pensée émue aux élèves hospitalisés des suites du séisme et dont il faudrait tenir compte. Leur séjour à l’hôpital ne les habilite pas à affronter l’échéance fatidique. Ni celle du 7 juin ni celle du début juillet. Et là, on ne peut occulter les chaleurs d’été qui handicaperont les élèves du Sud algérien.
La rallonge de trois mois environ (si l’on retient la date du 1er septembre) risque cependant d’être perçue sous l’angle de la sanction par des parents dont les enfants ne sont pas touchés par les perturbations. Cette idée sera vite balayée lorsqu’il s’agit d’inviter les citoyens algériens à manifester leur solidarité. Accepter un report qui rassure et réconforte les élèves traumatisés par le séisme relève d’une prise de conscience citoyenne. Elle ne doit pas faire défaut en ces temps douloureux.

Ahmed Tessa.


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