Alger la Blanche

Séisme de Boumerdès : Qualité du Béton

Le directeur de la recherche en numérique et en génie sismique au Craag invité du forum d'El Moudjahid « La mauvaise qualité du béton à l'origine des effondrements ».

En collaboration avec le Collège des experts architectes algériens, les organisateurs du forum ont invité plusieurs architectes, des universitaires et des ingénieurs en sismologie pour prendre part à la conférence-débat portant sur le thème « Autopsie du bâti ruiné et partiellement endommagé lors du séisme de Boumerdès du 21 mai 2003 ».

Au lendemain du tremblement de terre qui a secoué violemment les deux wilayas d'Alger et de Boumerdès et qui a causé la mort de près de 3 000 personnes, une enquête a été déclenchée par les spécialistes en sismologie et en urbanisme pour l'identification des raisons de l'effondrement de centaines de bâtisses. Selon M. Chelghoum, « les résultats des études effectuées sur plusieurs sites endommagés par les fortes secousses font ressortir que les causes principales des effondrements sont liées à l'absence totale d'études de sol sur les terrains à bâtir ». Le conférencier confirme effectivement que les normes de construction parasismique n'ont pas été respectées dans la plupart des constructions malgré la nature sismique de toute la région nord de l'Algérie. Il a été constaté sur les sites, notamment à Zemmouri et Corso, que les parties censées être les plus solides des bâtisses sont très fragiles. La mauvaise qualité du béton, du fer ou du gravier est aussi à l'origine de cette fragilisation. Intervenant lors des débats, le président de l'Ordre des architectes d'Alger, M. Ladjouz, a imputé la responsabilité de cette catastrophe aux pouvoirs publics qui n'ont pas assumé leur rôle dans le contrôle du secteur de l'habitat. « Ils ne nous ont jamais écoutés, le secteur du bâtiment est ouvert depuis quelques années à toutes les personnes qui n'ont aucun lien avec le secteur, c'est devenu un marché informel et nous avons aujourd'hui 3 000 morts sur nos consciences », a-il-dit avant d'ajouter : « Ce qu'on doit dénoncer encore aujourd'hui, c'est que les mêmes erreurs qui ont été commises auparavant sont en train de se reproduire pour la réhabilitation des immeubles affectés. » Il souligne en effet qu'un travail expéditif et non professionnel s'effectue sur les bâtisses qui nécessitent des rénovations.

« L'Etat va encore jeter des milliards de dinars dans la réfection de maisons qui risquent de s'effondrer à la moindre secousse », prévient-il. En outre, M. Chelghoum a saisi cette occasion pour insister sur le rôle des laboratoires d'études du phénomène sismique dans la formation des ingénieurs en sismologie et dans la prévention contre ce risque. « Nous avons beaucoup de compétences dans notre pays mais les moyens sont très limités », précise-t-il.

Rosa Mansouri.


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