Alger la Blanche

Le Président Bouteflika conspué à Boumerdès

Auparavant, dans la même journée, à Zemmouri, le visiteur inattendu, Bouteflika, a été accueilli sous les cris « Repartez en France ! », « Quittez le pays ! »

Au chef-lieu de la wilaya, le Président a fui avec son cortège au milieu des immeubles affaissés, au milieu des huées des centaines de personnes, tenues à distance par des militaires, criant leur haine - « Pouvoir assassin ! » - et leur désarroi. « On manque de tout, on n'a rien, pas de tentes, pas d'aide », lançaient les manifestants.

Le Président a dû remonter précipitamment dans sa voiture après une visite de moins de cinq minutes et son cortège est parti sous une pluie de pierres. M. Bouteflika, qui a eu l'outrecuidance de partir constater les dégâts du séisme de mercredi soir au moment où la défaillance de l'Etat dont il est responsable alimentait la grosse colère des populations sinistrées, a reçu la gifle de son mandat. Lui, qui a osé faire ce voyage insultant pour des rescapés qui n'ont pas vu l'ombre des secours attendus des autorités, n'a dû son salut qu'à la protection d'un impressionnant dispositif de plusieurs dizaines de policiers en civil, ceux-là mêmes qui manquent pour assurer la protection des immeubles effondrés devenus la proie des pilleurs.

Devant la population qui s'est insurgée au milieu des décombres contre sa présence inopportune, le Président a dû battre en retraite, fuyant la tragédie de son pays pour laquelle ses hommes ont préféré la fuite en avant, l'esbroufe et les déclarations d'autojustification pendant que le bilan des morts s'alourdissait faute de moyens pour les premières fouilles qui pouvaient sauver encore des vies humaines, des familles entières, si M. Bouteflika, au lieu de cette tournée médiatique dans les hôpitaux où les malades n'avaient pas besoin de lui mais de soins, avait dépêché des équipes de secours, donné ordre à son ministre de l'Intérieur de se taire et chargé son gouvernement non pas d'une conférence de presse mais de mettre à la disposition des Algériens endeuillés tout ce que compte le pays en compétences humaines et techniques pour leur porter secours. Mais notre chef de l'Etat a préféré l'arrogance de sa présence médiatique à la télévision au chevet des blessés pour leur tenir des propos paternalistes et goguenards pendant que son nouveau Chef de gouvernement demandait « du temps et de la patience ». A Boumerdès, hier, c'est toute son incompétence, ses insultes, ses calamités, ses politiques de prédation sur l'économie nationale et sa concorde nationale qui se sont écroulées devant le juste déchaînement des citoyens qui l'ont vu débarquer, lui, « les mains nus », hypocritement ouverts à la souffrance des rescapés de l'hécatombe qu'il a superbement ignorés aux premières heures décisives du séisme. Le discours qu'il voulait électoraliste et comme à ses habitudes dubitatoires sur l'immense douleur des Algériens que l'incurie de son pouvoir a aggravée et démultipliée non seulement en victimes du séisme, mais aussi à l'abandon des sinistrés pour lesquels il n'a daigné aucun geste de solidarité, n'a pas été tenu et les jets de pierres ont eu raison de cette insulte faite aux morts. Bouteflika, ayant fui à plusieurs reprises le pays, a eu, cette fois, la leçon populaire : « Partez, Monsieur Bouteflika ! » C'est le signe, comme il s'est plu à le dire lui-même, de la vitalité du peuple algérien. Rachid Mokhtari.


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