Alger la Blanche

La Bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo

Selon le journal Le Monde (8 septembre 2003), "des officiers d'état-major et des civils ont assisté, le 27 août, dans un auditorium du Pentagone" à une projection de La Bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo.

Pour le quotidien, "un responsable du ministère, dont les propos sont rapportés, anonymement, par le New York Times du 7 septembre, déclare que ce film "donne une vision historique de la conduite des opérations françaises en Algérie" et que sa projection était destinée à "provoquer une discussion informée sur les défis auxquels les Français ont dû faire face".

Le 20 octobre, ce fut au tour de la chaîne française Public Sénat de diffuser le film. La projection a été suivie, le lendemain, d'un débat en compagnie de Yacef Saadi. Tourné avec des non professionnels, excepté Jean Martin dans le rôle du colonel Mathieu à la tête des parachutistes français, La Bataille d'Alger traite de la lutte pour le contrôle de la Casbah durant la guerre. Le scénario inspiré du récit de Yacef Saadi, l'un des chefs de la résistance urbaine qui joue son propre rôle, a été confié à Franco Solinas.

La présentation de La Bataille d'Alger à la Mostra de Venise suscita l'ire de la délégation française. Une mauvaise humeur à son comble lorsque Henri Cartier-Bresson et François Truffaut, tous deux présumés lauréats du grand prix, boycottent la proclamation du palmarès qui récompense le film de Gillo Pontecorvo.

Malgré le Lion d'Or à Venise, le prix de la Critique à Cannes et trois nominations aux Oscars à Hollywood, La Bataille d'Alger attendra 1971 pour obtenir son visa d'exploitation en France. À sa sortie, le Saint-Séverin qui affiche le film à Paris est dévasté par une charge explosive. À Lons-Le-Saulnier, un commando met en pièces l'écran et détruit la copie du film à l'acide sulfurique.

"Or maintenant que les clameurs se sont tues, relevait Freddy Buache en 1969, il apparaît sans l'ombre d'un doute que nous sommes en présence d'une oeuvre magnifique et rigoureuse qui évite avec une rare délicatesse l'ensemble des défauts énumérés avec complaisance à son sujet : pas de manichéisme, pas d'exploitation romanesque d'un thème qui demeure d'un bout à l'autre grave et lyrique, pas de nationalisme rancunier, pas de concession au cinéma d'aventure."

Source : www.algeriades.com - Remarque sur le copyright? Merci de nous contacter.


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