Alger la Blanche

La femme algérienne : Le rôle politique

Le rôle politique de la femme algérienne s'est affirmé après la mise en application du multipartisme en 1989.

La femme algérienne a en effet pris part aux associations, dont le nombre atteint aujourd'hui 54 000 et aux divers partis qui avaient dépassé la soixantaine (mais dont certains ont disparu pour diverses raisons).

Et dernièrement, il y a eu plusieurs tentatives visant à impliquer la femme davantage dans la politique. Même si ces tentatives sont discrètes, elles constituent néanmoins un pas important et sérieux.

Ajoutons que lorsque le président Abdel-Aziz Bouteflika a accédé au pouvoir, il a nommé pour la première fois une femme au poste de " wali " ; ce qui avait fait la une des médias. Trois autres femmes ont suivi. Il a également nommé en 2000 un nombre considérable de femmes dans l'administration judiciaire et à la tête de certaines institutions. Plus encore, la femme a conquis 14 hauts postes dans le domaine de l'enseignement (des postes qui étaient toujours le monopole des hommes). Aujourd'hui, la presse parle souvent de femmes nommées à des postes importants (ambassadrices par exemple). La raison de cette avancée, selon certains observateurs, est due aux continuelles pressions des associations féminines qui réclament surtout l'abrogation du code de la famille. Le geste du pouvoir ne serait donc qu'une manière d'éviter ces pressions. La preuve en est qu'aucune femme n'a été nommée ministre dans ce gouvernement par exemple.

On ne peut nier que nous sommes en présence d'une évolution dans la manière de traiter avec la femme. Toutefois, il n'y a aucun changement radical, le changement est formel et lent. Nous en déduisons donc que le pouvoir vise à éviter toute remise en cause du code de la famille. Code que les associations féminines considèrent comme le véritable défi du pouvoir politique. Au moment où certaines associations et partis " démocratiques " réclament l'abolition de ce code, d'autres (islamiques et ayant leur poids sur la scène) réclament sa valorisation et son application sur le terrain.

Il est vrai que la source principale du code de la famille est la charia islamique qui garantit à la femme tous ses droits. Or, sa mise en application est injuste envers la femme. Aujourd'hui, la société algérienne est consciente de l'importance du rôle de la femme. Celle-ci doit contribuer " positivement " à la politique pour le développement de la société. Il est donc indispensable de mettre en application le discours officiel selon lequel la femme jouit de tous ses " droits ". Car en réalité, la participation de la femme à la vie publique est limitée. Il existe donc une contradiction entre les discours et la réalité. Nous devons avouer que le " problème " de la femme n'émane pas de la " loi ", mais des idées mêmes régissant la société. Et le pouvoir doit en tenir compte.

D'autres facteurs relatifs aux problèmes de la société en général doivent être pris en considération. D'abord le cercle familial qui n'encourage guère la femme, le cercle social qui offre peu de commodités, notamment aux femmes qui travaillent. C'est sur la base de tels facteurs que le développement ou le sous-développement d'une société peut être évalué. La femme tente toujours de réaliser un équilibre entre sa famille et son travail. Et si cela est impossible, elle opte la plupart du temps pour la famille aux dépens de ses études ou de son travail.

Dans le cadre des mutations et des conflits dont l'Algérie est témoin et qui sont relatifs à l'élaboration des principes et des politiques du pays, certaines personnes ont commencé à remettre tout en cause, même les constantes nationales et l'appartenance.

La question la plus importante est donc la suivante : qu'adviendra-t-il de l'avenir et du destin de la femme algérienne, et non pas quel sera son rôle dans le domaine politique ? Car la participation politique est étroitement liée à l'enseignement, à la conscientisation et au développement économique.

La femme algérienne souffre de plusieurs problèmes. Elle ne jouit nullement des droits qui lui sont accordés par l'islam. Et elle subit en plus des problèmes de la société en général. D'autre part, le fait d'imiter de l'Occident a permis la propagation de certaines idées qui ne contribuent aucunement au développement et à l'harmonie de la société. Dans cette bataille de conceptions, qui gagnera ? Est-ce le courant " démocratique " qui représente un pourcentage modeste de la société, mais efficace dans la société (et qui appelle au soutien du pays-pôle et à l'attachement à l'Occident plus qu'au monde arabe et islamique) ? Ou bien la victoire sera-t-elle pour le courant national islamique qui appelle à la préservation des constantes de la nation, à l'attachement au monde arabe et islamique et à ses causes avec en tête la cause palestinienne ?

Par Shanan Massoud


A la Une
Algérie
Monde
Economie
Culture
Sports
Sciences
Informatique
Alger
Blida
Boumerdès
Tipaza