Alger la Blanche

Le Matin - Algérie : Les mensonges de Zerhouni

Décidément, le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des collectivités locales est incorrigible.

Une fois encore il rate l'occasion de se taire. Quand Yazid Nouredine Zerhouni s'exprime devant les journalistes, c'est souvent pour dire des mensonges et ceux-ci d'autant plus exagérés quand le sujet est délicat. Mardi dernier à Annaba, lors de sa conférence de presse donnée en marge de la visite du Président dans cette ville, le ministre de l'Intérieur, interpellé sur la suspension des six titres de la presse privée, a ressorti l'argument commercial (source : Le Matin-Algérie)

Et il n'a pas fait que cela. Pour Yazid Zerhouni, « ces journaux doivent payer » car, selon le ministre, il ne leur reste que cette alternative puisque même les ambassades auprès desquelles « ils ont été se plaindre » leur ont demandé de payer « leurs factures ».
Par cette « précision », ajoutée au passage, Yazid Zerhouni n'avait d'autres intentions que de jeter le discrédit sur la presse indépendante qui, selon lui, n'a pas raté l'occasion d'aller geindre dans les salons des diplomates. L'information a fait sourire les directeurs des publications en question. Le démenti est unanime. Ils ont eu la même réflexion : « C'est du Zerhouni ! »

Ali Djerri ne s'offusque pas des propos du ministre de l'Intérieur qui n'en est pas à son premier mensonge : « Franchement que répondre à ce personnage ? Une fois encore, il évite de répondre à une question précise par des faux-fuyants. Pour moi, c'est du n'importe quoi. S'il parle de nos relations avec les ambassades et les organisations internationales, nous n'avons aucun complexe et rien ne nous interdit d'avoir des contacts. On est solidaire du combat des journalistes dans le monde entier et on le dit sans complexe. Cela dit, notre appui est notre lecteur, la société civile et les défenseurs de la liberté d'expression. Que Zerhouni se rassure ! nous ne sommes pas des gens qui réglons leurs problèmes de cette façon. C'est plutôt eux qui, à travers le circuit officiel, ont induit les diplomates en erreur. » Le directeur d'El Khabar ferme « la parenthèse Zerhouni » en rappelant que ce ministre d'Etat use de mensonges à chaque fois qu'il est acculé.

« En 2003, Yazid Zerhouni ajoute à sa qualité de tortionnaire celle de menteur », commente Fouad Boughanem, directeur de la publication du Le Soir d'Algérie qui tient à rappeler que « ce n'est pas dans sa culture d'aller pleurer dans une ambassade ». Pour lui, le ministre doit apporter les preuves de ce qu'il avance, « qu'il donne des noms, des dates, l'heure et les ambassades sollicitées ». Un défi que lance également le directeur du journal l'Expression : « C'est bien le style Zerhouni, une nouvelle fois il ne s'encombre pas comme à son habitude d'accuser à l'emporte-pièce. Ce n'est pas le style de Fattani d'aller se plaindre aux ambassades, et si j'en avais envie, ce n'est pas à Zerhouni de me l'interdire ». Le directeur-gérant du journal Liberté dément les propos du ministre de l'intérieur. Farid Alilet affirme n'être « concerné ni de près, ni de loin, ni encore même de très loin par les accusations de Zerhouni ».

Accusation que réfute Ahmed Oukili directeur du journal Er-Raï : « jusqu'à l'heure, nous n'avons eu aucune démarche en ce sens et si on doit se plaindre, c'est auprès d'organismes internationaux. Et si on le fait il n'y a pas de honte à le faire. Que Zerhouni sache que la liberté d'expression est un des droits de l'homme, droit universel que l'Etat a violé. Il est normal qu'on interpelle l'opinion publique internationale. Vers qui allons-nous nous tourner, vers Ouyahia ? », ironise le directeur de la jeune publication arabophone. « C'est une pure invention », déclare pour sa part le manager général du journal Le Matin « nous n'avons contacté aucune chancellerie. Pourquoi solliciter les ambassades ? Le problème ne réside pas là ». A la lumière de ce qui précède, le ministre de l'intérieur est toujours aussi mal informé qu'il l'a été pour l'affaire des touristes otages récemment, pour l'assassinat du brillant lycéen Guermah Massinissa dans une brigade de gendarmerie et traité, suite à cela, de voyou par Yazid Zerhouni. Mensonge qui avait mis toute une région en feu.

Saïda Azzouz


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