Le Produit intérieur brut (PIB) allemand a stagné au dernier trimestre 2005, a annoncé mardi l’Office des statistiques de Wiesbaden (Destatis). Il s’agit d’une estimation encore provisoire, à prix constants et corrigée des variations saisonnières et calendaires.
L’Allemagne fait moins bien que la France, dont le PIB a augmenté d’un léger 0,2% sur les trois derniers mois de 2005.
Les deux grandes économies de la zone euro sont loin des performances de l’Espagne, qui a annoncé mardi un bond de 0,9% de son PIB sur trois mois, soit autant que l’Allemagne sur l’ensemble de 2005. La zone euro a de son côté a vu son PIB augmenter de 0,3% sur les trois derniers mois de l’an passé, selon l’estimation d’Eurostat publiée mardi.
La croissance zéro du quatrième trimestre ne constitue qu’une demi-surprise. Destatis avait déjà évoqué il y a un mois une quasi-stagnation, après une progression de 0,6% au troisième trimestre.
"Les investissements, en particulier dans le bâtiment, ont apporté des impulsions positives pour la croissance comparé au trimestre précédent", a expliqué l’Office. Mais elles ont été "compensées par un recul de la consommation et des dépenses publiques".
Et le commerce extérieur a réduit sa contribution malgré des exportations record, en raison d’une forte montée des importations, nourries par la reprise de l’investissement industriel. Destatis doit publier des détails le 22 février.
Décevante, la stagnation du PIB allemand peut éveiller des doutes sur la solidité de la conjoncture dans le pays.
Cela prouve "que la reprise en Allemagne reste fragile", prévient la Commerzbank (Xetra : 803200 - actualité) dans une note d’analyse. "La demande intérieure est trop faible pour rendre possible une reprise durable, principalement en raison de la consommation privée, et cela ne devrait pas changer dans les deux années à venir", poursuit l’établissement.
Mais la majorité des économistes restent confiants. Pour Sylvain Broyer, analyste chez IXIS, la croissance va se reprendre au premier trimestre. Il prévoit une poursuite de la tendance positive dans le bâtiment, alimentée par les contrats publics liés à la Coupe du monde de football, et un réveil progressif de la consommation des ménages grâce à une amélioration prévue du marché de l’emploi.
L’entrée en vigueur début 2007 d’une hausse à 19% contre 16% de la Taxe à la valeur ajoutée (TVA) devrait aussi encourager les Allemands à anticiper leurs achats.
Les grands baromètres de confiance pointent tous vers un redémarrage de l’économie, souligne pour sa part le ministre de l’Economie conservateur Michael Glos.
L’indice de l’institut ZEW, qui compile les attentes du secteur financier pour l’économie allemande, a pourtant reculé contre les attentes en février, de 1,2 point à 69,8 points, selon des chiffres publiés mardi. Mais pour le président de l’Institut, Wolfgang Franz, "l’optimisme des experts financiers interrogés se stabilise à un niveau élevé. Le climat pour l’investissement en Allemagne reste globalement positif".
Optimistes aussi, les chambres de commerce et d’industrie allemandes (DIHK). "Les signes précurseurs pour 2006 n’ont jamais été aussi favorables depuis cinq ans", juge leur président Martin Wansleben.
Dans leur enquête de printemps, basé sur un sondage auprès de 25.000 entreprises, elles ont relevé à 2% contre 1,5% leur prévision de croissance pour 2006. Berlin mise officiellement sur 1,4%, tout en jugeant possible une hausse de jusqu’à 2%.
Source : AFP