Par messages ou lors de son discours, le président Bouteflika n’omet pas de remercier les Algériens de leurs témoignages de sympathie qualifiant cette épreuve de santé de “coup du sort”. Après une période de repos prescrite par le professeur Zitouni, qui excluait une activité politique chargée, le président algérien a repris ses audiences à un rythme soutenu qui laisse entendre qu’il n’est pas près de se montrer économe physiquement.
Le ballet diplomatique, qui a succédé à cette reprise en douceur, fait qu’il possède un agenda chargé.
L’Américain Rumsfeld, le Brésilien Lula, le Portugais Sampaio, le Russe Poutine, entrecoupé du Britannique Jack Straw et de quelques émissaires diplomatiques ont donné la latitude au Président de montrer qu’il avait repris la forme. Mais ce retour aux affaires courantes de Bouteflika ne semble pas convaincre tout le monde. Dans un mystérieux élan collectif, une large partie de la presse française a choisi le timing pour remettre en avant la sulfureuse thèse d’un président algérien encore “malade” et “amoindri”.
Paradoxalement, ce sont les poids lourds de la presse parisienne qui rivalisent d’anecdotes pour étayer cette thèse. On surveille ses costumes “trop larges”, signes d’un amaigrissement post-opératoire, on guette ses apparitions à la télévision, on scrute son visage, on décortique ses gestes et on épluche ses activités futures pour savoir s’il est toujours d’aplomb. Pour Le Monde, le président Bouteflika “a un emploi du temps fait sur mesure. Les chancelleries ont été priées de ne plus prévoir de visites officielles de personnalités étrangères ni de solliciter d’audiences durant le week-end (...) Lui qui se saisissait de la moindre occasion pour discourir, au point d’“habiter” la télévision, parle peu, désormais”.
Paris est ainsi agacé par l’attitude de Bouteflika et le fait savoir par médias interposés. À Alger, on considère dans les cercles politiques favorables au Président que c’est un comportement “inamical” alors que le président algérien a choisi volontairement la France pour se faire soigner signe d’une confiance retrouvée avec Paris et précisément Jacques Chirac.
Par Liberté