Alger la Blanche

Ouyahia répond au CNES

 
C’est du moins ce qui ressort des discours du chef du gouvernement, M. Ahmed Ouyahia, et du nouveau président du Cnes prononcés, hier, à l’ouverture de la 26e session ordinaire du Conseil national économique et social (CNES) organisée au palais des nations, club-des-pins.
Posté le lundi 4 juillet 2005.

Le chef du gouvernement, tout au exprimant “le soutien du gouvernement au Cnes dans l’accomplissement de sa mission”, a exprimé des réserves sur certaines analyses contenues dans les rapports, que le président nouvellement installé, M. Mohamed Seghir Babès, affirme n’avoir pas “changé d’une virgule”. Les remarques du chef du gouvernement résonnent comme des mises au point aux différents commentaires qui ont accompagné la démission de Mohamed-Salah Mentouri.

Le chef du gouvernement soutient que tous les rapports du Cnes sont conservés, en réponse à la préoccupation des conseillers quant à la prise en compte des recommandations suggérées. M. Ahmed Ouyahia souhaite, tout de même, que “les analyses soient accompagnées de recommandations et de propositions pratiques qui soient plus proches de la réalité”. Le chef du gouvernement, qui a annoncé le renouvellement de la composante du Cnes, a été virulent sur certaines analyses contenues dans le rapport de conjoncture et celui portant regard sur la politique monétaire en Algérie.

En relevant une affirmation, rapportée dans le rapport portant regard sur la politique monétaire en Algérie, et qui fait référence au taux de change qui serait administré, Ahmed Ouyahia interpelle les conseillers du Cnes. “J’espère que vous êtes conscients de la gravité de cette affirmation”, en indiquant que l’Algérie respecte les recèlements du FMI. Concernant la conjoncture économique et sociale, le chef du gouvernement a relevé, à juste titre, plusieurs contradictions. Ahmed Ouyahia juge “certaines analyses irréalistes”, d’autant que les chiffres, sur les réalisations, publiés dans le rapport ne contredisent pas ceux rendus publics par le gouvernement il y a quelques mois. Le chef du gouvernement fait référence au taux de croissance de 5,2%, hors hydrocarbures et hors agriculture, ce taux est de 6,8%, d’une inflation de 3,6%, d’une hausse des revenus de 9% et d’une augmentation de la masse salariale de 36%. Les investissements directs étrangers ont atteint 8 milliard de dollars, dont 2,5 milliards en dollars hors hydrocarbures.

“Comment peut-on dire qu’il n’y a pas de contrepartie sur l’activité économique”, s’interroge le chef du gouvernement. Ahmed Ouyahia a relevé la même contradiction en parlant d’emploi. “Comment peut-on lire dans le rapport que le taux de chômage a été ramené de 27% à 17,7% et affirmé qu’on ne crée pas assez d’emploi”, relève-il. La critique, souligne le chef du gouvernement “est indispensable, mais elle doit être objective et documentée”. M. Ahmed Ouyahia, qui affirme suivre avec beaucoup d’intérêt les rapports du Cnes, demande à ce que “le point de vue du gouvernement soit respecté”. S’agissant du processus de privatisation en Algérie que le Cnes a critiqué, le qualifiant de “lent et simple transfert de propriété de l’État aux privés”, M. Ouyahia a récusé cette thèse en se demandant simplement si “la privatisation signifiait autre chose qu’un transfert de propriété”.

À titre de comparaison avec la Tunisie, M. Ouyahia a fait remarquer que l’Algérie, qui compte céder encore 1 200 entreprises publiques, a réussi, en 4 ans, à privatiser quelque 210 entreprises pour une recette de 3 milliards de dollars, alors qu’un pays comme la Tunisie voisine a réalisé le même chiffre en vendant 193 entreprises, mais en 18 ans pour 3 milliards de dollars. Au sujet de “la sonnette d’alarme sociale” tirée par le conseil dans le rapport de conjoncture, M. Ouyahia la considère inopportune et estime que l’allocation par l’État d’un budget social de quelque 371 milliards de dinars (soit près de 5 milliards de dollars) suffit à démentir cette thèse.

M. Mohamed Seghir Babès affirme que “le Cnes compte aller au-delà de la note de conjoncture” pour mettre de nouveaux outils et méthodes d’analyse et d’évaluation permettant la préparation d’exposés plus profonds sur la situation économique et sociale de la nation. Il souhaite trouver un équilibre entre l’auto-saisine et la saisine du gouvernement.

Meziane rabhi, liberte-algerie.com


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