Le choc a provoqué un nuage « peut-être plus spectaculaire que ce que l’on s’attendait à voir au premier abord », a déclaré à l’Associated Press (AP) Augustin Chicarro, responsable scientifique de la mission Mars Express à l’ESA, qui a vu des images de la collision diffusées par la NASA. « Mais il faut voir que la gravité est presque nulle sur une comète, donc dès qu’on y touche un peu, il y a un petit nuage qui se forme », tempère le scientifique. « Si cela avait été un corps avec une gravité plus élevée, peut-être que ça aurait été moins spectaculaire. »
Le nuage provoqué par la collision devrait en partie redescendre sur la surface de l’astre. « Pas mal de matériau gazeux va se perdre dans l’espace, mais ce qui est plutôt poussières peut être en partie retenu par la comète et au bout d’une longue période retomber sur sa surface », explique Augustin Chicarro.
Le scientifique relève « l’exploit technique » de la mission Deep Impact. « Le fait de pouvoir mener cette opération à terme et de produire un impact sur la comète est vraiment remarquable, vu les distances et les problèmes techniques », souligne-t-il.
Selon la NASA, l’impact devait creuser dans Tempel 1 un cratère de la taille d’une maison ou d’un stade et révéler une matière vierge jusqu’ici sous la surface du noyau -glace, poussières, gaz-, qui pourrait permettre d’en savoir plus sur la formation du système solaire.
En étudiant les matières projetées par la collision, les chercheurs pourraient également approfondir leurs connaissances sur la structure interne des comètes, ou du moins de celle-ci. Il existe deux grandes théories sur la question, celle de « la boule de glace un peu sale » et de « la boule de roche un peu gelée », souligne M. Chicarro.
« Les comètes sont des corps très primitifs du système solaire, donc on va plutôt s’attendre à voir des mélanges de glace, de plusieurs composés, d’eau entre autre, et peut-être de la poussière et des matériaux organiques (NLDR : des ingrédients de base de la vie). »
Source : AP