Alger la Blanche

L’Algérie à la croisée des chemins

 
Un débat passionné, passionnant et parfois même « houleux » a eu lieu, hier, autour de la situation économique et sociale de l’Algérie et ce, à l’occasion du forum qu’organise régulièrement le quotidien gouvernemental El Moudjahid.
Posté le mardi 12 juillet 2005.

Des économistes, des représentants du gouvernement, des membres du patronat ainsi que des industriels sont intervenus pour décrire la situation de l’économie algérienne pour les uns, et justifier les « carences » pour les autres.

D’emblée, c’est M.Serraï, intervenant en qualité de « modérateur » qui lance le débat en affirmant que, malgré tous les efforts consentis par les autorités et tout l’argent injecté en matière de création d’emplois, les choses n’évoluent pas. Le conférencier développera exactement l’antithèse de notre ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, qui n’a de cesse de marteler pour sa part que le taux de chômage en Algérie baisse continuellement, ces dernières années. M.Djamel Ould Abbès avait même avancé devant les médias un taux de chômage de 13%. Pourquoi toutes ces « contradictions » au sein du même gouvernement ?

M.Serraï, en réponse à notre question, ne contredit pas directement les déclarations de M.Djamel Ould Abbès, néanmoins il développera un argumentaire qui n’enchante pas en matière d’emploi. Il soutiendra même, au cours de son intervention, que l’Algérie va vers un déséquilibre immense. « Sur le plan financier, tout s’améliore, mais les résultats ne sont pas bons », assène-t-il.

A ce sujet, M.Benyounès, représentant du Conseil supérieur du patronat algérien (Cspa), dressera, pour sa part, une situation peu reluisante de l’économie de notre pays : « La bureaucratie, les lenteurs et les blocages administratifs, l’interprétation et l’application à deux vitesses de la réglementation sont les lots quotidiens servis aux chefs d’entreprises, lesquels, dira-t-il, après maints recours, finissent par abdiquer ou envisager la reconversion vers des secteurs de services moins contraignants, par la fragmentation du capital social et sa réinjection vers de petits commerces tels que les fast-foods, pizzerias, cafétérias, etc. »

Le conférencier soutiendra qu’à travers un sondage réalisé à travers 42 wilayas dans le but de cerner l’environnement de l’entreprise dans les différents secteurs d’activité, il s’avère, selon lui, qu’à l’exception de quelques importateurs, le marasme est quasi unanime. D’après son analyse, la participation des pouvoirs publics comme élément régulateur est plus que nécessaire pour générer des investissements reposant sur la création d’emplois et tenir le cap d’une politique macroéconomique appropriée. En matière de relance économique, pour le représentant du Conseil supérieur du patronat algérien (Cspa), le Plan spécial de relance de l’économie (Psre) applaudi dans un passé récent, doté pourtant de 7 milliards de dollars (plus de 500 milliards de DA) n’a pas donné les résultats escomptés en matière de soutien à la relance et à la résorption du chômage.

Le conférencier, concernant le plan quinquennal de 50 milliards de dollars, en appelle à la clairvoyance de l’administration centrale dans la destination des fonds que sur l’obligation de résultat et son impact sur l’amélioration du cadre de vie du citoyen.

Pour M.Moula Boukhelfa, vice-président de la Confédération des industriels producteurs algériens (Cipa) qui salue au passage les réformes engagées par le chef de l’Etat, la PME, outil de production national et créateur de richesses et d’emplois nouveaux, attend du président de la République un geste relevant essentiellement d’une volonté politique pour la tirer de l’endettement dans lequel elle se trouve depuis la dévaluation injuste de la monnaie locale. Ce chef d’entreprise demande ni plus ni moins qu’un rééchelonnement du principal de la dette détenue par les banques publiques, en quelque sorte, explique-t-il, faire un geste de grâce identique à celui accordé au secteur de l’agriculture par des mesures d’aide significatives, entre autres l’effacement des agios et intérêts bancaires depuis 1990.

Le président de la Confédération algérienne du patronat (CAP), M.Boualem Mrakèche, quant à lui, n’ira pas par quatre chemins pour dire clairement que l’Etat doit impérativement se désengager de la sphère économique. Il affirmera que l’organisation qu’il représente a déjà fait des propositions concrètes au gouvernement.

Pour lui, le pacte économique et social doit être le cahier des charges fixant les obligations des différents partenaires et cela, dans le but de permettre une hausse du PIB, et générer des emplois pour lutter contre la pauvreté. Enfin, M.Serraï, en guise de clôture, a tenu à mettre en garde contre ce qu’il a qualifié de « pléthore de pseudo-investisseurs étrangers » qui veulent rafler les richesses de notre pays sans débourser un sou.

Le représentant du gouvernement dira que nombre de ces « pseudo-investisseurs » ont été démasqués par les autorités. Cela dit, le conférencier révélera que l’Algérie dans la région Meda, reste le premier pays qui a reçu des investissements étrangers ces deux dernières années, ce qui dénote d’après lui qu’il existe un intérêt sans cesse accru pour l’Algérie.

Enfin, il faut noter que c’est peut-être la première fois qu’un débat aussi important autour de l’économie est organisé d’une telle manière. Tous les auteurs étaient réunis, il ne manquait que du temps pour tous les invités du forum d’El Moudjahid pour intervenir sur une question aussi vitale, à quelques mois seulement de l’entrée en vigueur des accords d’association avec l’Union européenne.

Zahir M., lexpressiondz.com


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