Alger la Blanche

Des artistes catalans s’installent en Algérie

 
Une association culturelle algéro-française verra bientôt le jour en Algérie. C’est l’œuvre d’un groupe d’artistes français qui souhaitent vivement renforcer et perpétuer le brassage entre les deux cultures, les deux civilisations, les deux peuples.
Posté le lundi 18 juillet 2005.

Organisés en une association dénommée Académie artistique du pays catalan, ces professionnels de l’art dans ses multiples facettes s’attellent à faire entendre leur voix exprimée à travers leurs différentes œuvres au-delà des frontières de leur catalogne, voire de l’Hexagone. Ils ont jeté leur dévolu sur un pays et non des moindres. Il s’agit tout simplement mais réellement de l’Algérie. Leur choix est loin d’être fortuit. De par ce qu’ont vécu les deux nations pendant plus d’un siècle, et les liens qui continuent à se renforcer d’année en année sont autant de paramètres qui n’ont pas laissé indifférents ces artistes.

Ils tiennent à tout prix à prendre part à cette étape cruciale, à ce moment capital de l’histoire des deux pays, qui poursuit d’ailleurs sont petit bonhomme de chemin vers un avenir, espérons-le, plus radieux, clément et prometteur. Les artistes de l’Académie ont, d’ores et déjà, jeté les premiers jalons pour la création d’une organisation qui les liera avec leurs homologues algériens. Ils comptent non seulement transmettre leur professionnalisme, leur expérience et leur savoir-faire mais ils veulent également découvrir l’image authentique, la vraie de l’Algérie ainsi que ses spécificités que relatent les artistes algériens dans leurs produits.

Pour certains d’entre eux, parler de l’Algérie se veut un retour direct et immédiat aux sources. À l’image de Pierre-Paul Haubrich, un des précurseurs de cette initiative, il n’est point un hasard ou un concours de circonstances si on laisse couler des larmes à la moindre évocation de l’Algérie, un pays qui l’a vu naître, où il a vécu les premières années de sa jeunesse. Ravi à son pays natal de longues décennies durant mais la nostalgie a toujours été cette flamme qui ne veut plus s’éteindre. Toutefois, “il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas”, dit le proverbe algérien.

Après tant d’années d’une amère séparation, la justice divine a fini par avoir le dernier mot et permis à cet artiste de retrouver ses premières sensations et passions d’un jeune qui voulait mordre la vie à pleines dents dans un pays qui venait de reprendre son dû. Ben Aknoun, lieu où il suivit sa formation et où il s’est rendu récemment, une véritable armada d’émotions s’empare de son corps. La chair de poule, il l’a sentie à Mostaganem où il a fait ses premiers pas. Son amour indéfectible pour l’art ne s’éloigne nullement de celui qu’il éprouve pour l’Algérie. Ce mélange bien agencé de sensations et de chaleur l’ont poussé à l’instar de ses amis à mettre en œuvre des actions, créer des évènements culturels au sein même du pays. L’idée de montage d’une exposition à Alger a aussitôt germé et n’a pas tardé à prendre forme. Très pragmatiques et surtout professionnels, les artistes catalans ont tenu leur promesse, honoré leur engagement et se sont rendus en Algérie. Munis de leurs diverses œuvres, ces artistes composés de peintres, poètes, calligraphes, photographes, collagistes, vitraillistes et autres ont monté une exposition au Nadi Aïssa Messaoudi de l’entreprise nationale de la télévision (Entv).

Pendant une dizaine de jours, ils sont allés à la rencontre du public dans une ambiance bon enfant. Le même esprit de gaieté et de joie a été retrouvé aussi au centre culturel Rachid-Mimouni de Boumerdès. Deux noms d’une haute symbolique. Si Mimouni symbolise la littérature, la culture et l’art d’une manière générale, Boumerdès, quant à elle, résume cette détresse, cette amertume vécue par ses citoyens au lendemain de la catastrophe du 21 mai 2003. La page de cet événement fâcheux est, certes, tournée mais elle n’est pas déchirée. Les souvenirs demeurent encore indélébiles voire vivaces. Si ces artistes ont choisi cette wilaya pour étaler leurs œuvres, c’est uniquement pour partager avec ses citoyens leurs souvenirs, mais aussi dans le but de leur apporter ce brin de bonheur, de gaieté et d’espoir d’un futur plus magnanime et juste. L’Artcadémie est née en 2001 à Baixas, une commune de 2 750 habitants à 10 km de Perpignan.

Aline et Pierre-Paul, deux voyageurs et, néanmoins, artistes en étaient les initiateurs, rejoints ensuite par tout un cercle d’amis. Des expositions furent organisées, depuis, dans de nombreuses villes telles que Saint Lluc à Barcelone, le Palais des congrès à Perpignan, les caves Byrrh à Thuir... Cette association a pour objectif de mettre en valeur des artistes de toutes les disciplines. Des conférences sur les divers thèmes des expositions tels que l’eau, la terre, la pierre, le soleil, la montagne, la mer sont de ce fait organisées. Ces artistes organisent aussi le marché des arts et cultures sur des espaces publics (exposition une à deux fois par an), les jeudis de Perpignan à partir de 19h. Ils assurent également des formations en photographie.

Les membres de cette association ont promis de revenir à compter de septembre prochain pour créer officiellement ce qui devra être la filiale de la maison-mère, Artcadémie. La deuxième promesse, celle de ramener des toiles, des tableaux et autres œuvres des grands messieurs des arts et de la culture à l’image de Dali, Minou, Gaoudi... en Algérie. Artcadémie est aussi prête à accueillir les artistes algériens à Perpignan pour un meilleur jumelage des deux associations.

Source : liberte-algerie.com


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