Alger la Blanche

L’Irak en proie à la violence cherche une Constitution

 
La commission chargée de mettre au point la nouvelle constitution irakienne tentait de décider dimanche si elle solliciterait un délai supplémentaire pour rédiger le document et aplanir ses dissensions internes.
Posté le lundi 1er août 2005.

Le lundi 1er août est la date limite pour demander un nouveau délai. Si aucune requête n’intervient à cette date, le texte de constitution devra être présenté avant le 15 août au parlement irakien. Mais il paraît peu probable, du fait des pressions américaines, qu’une "rallonge" soit réclamée.

Pendant que débattaient les membres de la commission, un attentat meurtrier a rappelé que la violence ne diminuait pas en Irak. Une voiture piégée a explosé devant un barrage de la police près d’Hassoua, à 50 km au sud de Bagdad, tuant au moins sept civils et blessant douze personnes dont trois policiers.

Le président irakien Djalal Talabani a exhorté la commission constituante à exécuter sa tâche sans retard. Dans un communiqué publié dimanche, il dit avoir reçu l’assurance qu’aucun prolongement du délai d’élaboration ne serait sollicité et que le travail serait prêt à la mi-août.

Mais certains membres chiites de la commission - présidée par un chiite et dominée par des représentants de la confession majoritaire - souhaitent un report de deux semaines à un mois.

"L’idée circule d’un report de trente jours, mais cette décision n’est pas encore arrêtée", a déclaré à Reuters Bahaa al Aradji, membre chiite de la commission. Des collègues ont dit attendre une décision dans la journée de dimanche.

Aux termes de la constitution intérimaire de l’Irak, élaborée l’an dernier avec l’aide de diplomates américains et britanniques, on peut requérir jusqu’à six mois de report.

Si un délai est accordé, il en résulterait un report du calendrier convenu pour le passage de l’Irak à la démocratie, calendrier que les Etats-Unis entendent voir respecter.

ECHEANCES

Ce calendrier prévoit qu’une constitution soit rédigée le 15 août et soumise à référendum d’ici au 15 octobre, avant les élections législatives qui doivent intervenir au plus tard le 15 décembre.

L’unanimité est loin de se faire au sein de la commission, où beaucoup d’Arabes sunnites s’opposent à tout retard. "L’ensemble de nos représentants rejettent toute demande de report pour quelque raison que ce soit", a déclaré un membre sunnite de la commission.

Une éventuelle demande de délai supplémentaire doit être adressée par le président de la commission, Houmam Hammoudi, au président du parlement.

Un représentant kurde, Mahmoud Osman, a dit douter de la possibilité de présenter un projet de constitution le 1er août, comme l’avait espéré Hammoudi. Il n’a cependant pas jugé qu’un report était nécessaire.

"Les Américains veulent une constitution rapidement. Ils ont beaucoup d’expérience en matière de restauration rapide, mais ils ne peuvent pas fabriquer une constitution rapide", a-t-il dit en notant que des responsables américains avaient exercé de fortes pressions sur les membres de la commission pour qu’ils fassent leur travail dans le délai imparti.

Plusieurs questions divisent profondément la commission. L’une des principales concerne le mode de délégation de certains pouvoirs aux régions et la répartition des moyens.

Les Kurdes réclament une organisation strictement fédérale avec forte autonomie régionale, formule qui cimenterait l’indépendance dont ils bénéficient dans le nord de l’Irak depuis quatorze ans, soit depuis la fin de la guerre du Golfe.

Les chiites adhèrent aussi à l’idée fédérale mais réclament un système plus souple, tandis que la minorité sunnite qui dominait au temps de Saddam Hussein donne sa préférence à un système centralisé.

D’autres désaccords portent sur le rôle de la religion, la question de savoir si l’islam doit être "une source" ou "la source" du droit, ainsi que sur les problèmes de la double nationalité et des langues officielles.

Les Etats-Unis voient dans un processus politique pacifique le plus sûr moyen de mettre fin à l’insurrection dirigée par des éléments sunnites. Les insurgés ont menacé de tuer les sunnites qui se joignent au processus de paix. Un membre sunnite de la commission constituante a été assassiné ce mois-ci.

Par Reuters


A la Une
Algérie
Monde
Economie
Culture
Sports
Sciences
Informatique
Alger
Blida
Boumerdès
Tipaza