Alger la Blanche

Le GSPC menace les algériens en France

 
Après avoir revendiqué l’attaque d’une ase militaire en Mauritanie et soutenu l’assassinat de nos deux diplomates à Bagdad, ce groupe terroriste annonce qu’il compte s’en prendre aux Algériens ésidant ou séjournant dans l’Hexagone.
Posté le mardi 16 août 2005.

Au moment où le président Abdelaziz Bouteflika appelle le peuple algérien à se prononcer sur son projet de réconciliation nationale qui promet le pardon aux terroristes, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) réaffirme son rejet de toute initiative visant à “faire cesser l’effusion de sang” en Algérie. Le GSPC menace une nouvelle fois d’étendre ses opérations hors d’Algérie. Cette organisation terroriste a, en effet, appelé “les musulmans résidant en France à attaquer les responsables liés au régime algérien présents sur le sol français”, dans un communiqué mis en ligne hier et rapporté par l’AFP à Dubaï. “Nous appelons nos frères en religion, résidant en France, (...) à traquer (...) la bande de criminels et d’apostats (...) qui ont trouvé dans ce pays un refuge sûr”, écrit le GSPC dans ce communiqué daté du 1er août dernier.

Début juin, le GSPC avait déjà réussi à mener une opération hors du territoire algérien. Ce groupe avait revendiqué l’attaque par 150 hommes d’une base militaire mauritanienne (20 morts dont 5 assaillants) en prévenant que, désormais, son “action ne s’arrêterait pas à (son) ennemi à l’intérieur, mais qu’elle atteindrait les ennemis de notre foi où qu’ils se trouvent”. Cette attaque était la première manifestation évidente de cette internationalisation d’un groupe qui s’en prenait jusqu’alors aux militaires et aux policiers. “Nos véritables ennemis ne sont pas seulement les dirigeants militaires (algériens), mais aussi de nombreux civils réputés pour leur entière allégeance aux dirigeants français ; ce sont ceux qui ont une énorme influence au sommet de la pyramide du pouvoir” en Algérie, a ajouté le GSPC dans son communiqué. “Ils ont accaparé l’administration algérienne, les organes d’information, les grandes entreprises, les institutions culturelles et les diverses missions diplomatiques”, affirme encore l’organisation terroriste.

“Est-ce que vous allez les laisser se reposer en France où ils passent leurs vacances, récupérer leurs forces pour revenir ensuite (en Algérie) avec un nouveau souffle, comploter contre l’Islam et combattre les fidèles ?” s’interroge le GSPC. “Soutenez vos frères en Algérie en traquant ces criminels en France. Guettez-les partout (...). Cherchez-les dans les repaires de la corruption, dans les boîtes de nuit, les cabarets, les magasins de vente d’alcool (...) parce qu’ils ne vivent que dans les endroits du vice”, ajoute-t-il. Même si le communiqué est daté du 1er août, donc antérieur à l’annonce de la date du référendum sur la réconciliation, le texte apparaît clairement comme une réaction indirecte à l’initiative du président Bouteflika. Le choix de la France comme cible n’est pas également fortuit. La France, ancienne puissance coloniale en Algérie, “est perçue comme une des cibles prioritaires du GSPC pour des raisons historiques, culturelles”, qui ont engendré des rapports particuliers entre les responsables algériens et français, selon des spécialistes.

La présence en France d’une forte communauté musulmane, dont les Algériens constituent la plus importante frange, peut expliquer aussi le choix du GSPC. La question est de savoir si ce groupe terroriste, soumis aux coups de boutoir des forces de sécurité en Algérie et miné par les dissidences, dispose actuellement des moyens humains et matériels pour mener des opérations terroristes dans l’Hexagone. En tout cas, les autorités françaises redoutent déjà depuis longtemps la réédition du scénario de l’été 1995 lorsqu’une série d’attentats avait été perpétrée à Paris par le Groupe islamique armé (GIA), ancêtre du GSPC. Au lendemain des attentats de Londres, qui avaient fait le 7 juillet dernier 56 morts, les autorités françaises ont pris au sérieux les menaces du GSPC d’étendre ses opérations à l’extérieur, brandies après l’attaque d’une base militaire en Mauritanie.

Le jour même des attentats de Londres, le ministre français de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, n’a pas eu à citer cette organisation terroriste pour convaincre que la France n’était pas à l’abri. Cette déclaration “ne relève pas du hasard”, avait estimé alors une source antiterroriste française, même si la France n’a pas eu connaissance de “menace documentée” du GSPC. “Si le GSPC n’a pas les moyens de renverser un régime, il a une grande capacité de nuisance. Il peut notamment envoyer quelques spécialistes en Europe”, a expliqué récemment à l’AFP Louis Caprioli, consultant au sein du groupe Géos, société de sécurité, et ancien chef du contre-terrorisme à la DST (Direction de la sécurité du territoire) qui évalue à “environ 500” le nombre de membres du GSPC. Si aucune cellule n’a jusqu’à présent été identifiée, le GSPC, formé essentiellement de salafistes prônant “le retour à l’islam originel”, dont des militaires déserteurs des forces spéciales, apparaît au détour de certaines procédures judiciaires en France.

À moins que le GPSC ne compte sur l’aide d’Al-Qaïda, d’Oussama Ben Laden, auquel ce groupe est affilié. L’ assassinat des deux diplomates algériens, Azzedine Belkadi et Ali Belaroussi, exécutés par la branche irakienne d’Al-Qaïda fin juillet à Bagdad, avec la caution publiquement exprimée du GSPC, confirme que cette organisation ne reculera devant rien pour nuire au régime algérien.

Par Liberté


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