Alger la Blanche

UE-Turquie : début de la réunion des 25

 
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont achevé leur dîner de travail dimanche soir à Luxembourg sans accord sur le cadre de négociation nécessaire à l’ouverture lundi des pourparlers d’adhésion avec la Turquie, mais les discussions vont se poursuivre dans la soirée.
Posté le lundi 3 octobre 2005.

Les ministres européens des affaires étrangères ont entamé dimanche à Luxembourg une réunion cruciale. Ils tentent d’arracher un accord permettant l’ouverture lundi des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne (UE).

"Nous reprenons dans 20 minutes", a déclaré la ministre française des Affaires européennes Catherine Colonna, en sortant du dîner vers 22h15.

"Nous espérons parvenir à un accord", a ajouté le Haut représentant pour la politique extérieure de l’UE Javier Solana.

Blocus de l’Autriche

Les négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE doivent s’ouvrir en fin de journée lundi. Mais l’Autriche a bloqué jusqu’ici un accord unanime sur les principes directeurs des pourparlers, en plaidant pour qu’une « alternative » à l’adhésion soit prévue. La Turquie rejette catégoriquement cette idée.

Un échec des 25 à s’entendre dans les temps risquerait d’enfoncer un peu plus l’UE dans la crise ouverte par le double non aux référendums français et néerlandais sur la Constitution européenne, et de renforcer les tensions avec Ankara.

Solution dimanche soir ?

Le Haut représentant pour la politique étrangère de l’Union, Javier Solana, a dit dimanche soir « ne pas vouloir penser aux dégâts » d’une telle situation. « Je pense que nous allons trouver un accord ce soir », a-t-il prédit.

« Nous allons nous écouter les uns les autres et (nous allons) nous rapprocher dans un bon esprit européen », a affirmé la ministre autrichienne, Ursula Plassnik.

"Acteur mondial" ou "club chrétien"

Pour Jack Straw, intégrer Ankara dans l’UE serait « le meilleur moyen disponible pour relier » les mondes chrétien et musulman. « Nous voulons que la Turquie rejoigne l’UE car c’est un pays européen. On lui promet l’adhésion depuis 42 ans », a-t-il insisté.

Depuis son pays, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que l’UE devait choisir entre être un « acteur mondial » ou un « club chrétien ». Son ministre des affaires étrangères, Abdullah Gül, a prévenu qu’un démarrage des négociations devrait avoir lieu lundi ou jamais.

Confortée par une opinion hostile à une adhésion turque, l’Autriche veut modifier un compromis difficilement trouvé en décembre 2004. Le texte affirme que « l’objectif commun des négociations est l’adhésion », dans un processus ouvert et sans garantie, et qu’en cas d’échec, la Turquie devra être ancrée dans l’UE « par les liens les plus forts ».

« Partenariat privilégié »

Selon des diplomates, Vienne voudrait mentionner une solution « alternative » à l’adhésion ou « intérimaire », comme un « partenariat privilégié ». Une telle option n’est pas exclue, a estimé dimanche le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy sur Europe 1 et TV5. Le ministre a récusé l’idée que l’ouverture de négociations mène automatiquement à l’entrée d’Ankara dans l’UE.

Tout en niant vouloir lier la candidature turque à celle de la Croatie, l’Autriche réclame aussi l’ouverture immédiate des pourparlers d’adhésion avec Zagreb, repoussée en mars en raison d’un manque de coopération avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPI).

Avec Carla Del Ponte

Le groupe de travail de l’UE sur la Croatie doit étudier la situation lundi matin, en présence de la procureur du TPI, la Tessinoise Carla Del Ponte. « Si l’évaluation du groupe (...) est positive, nous pourrons aller rapidement vers l’ouverture des négociations », estime la présidence britannique.

Le ministre portugais des affaires étrangères Diogo Freitas do Amaral a critiqué dimanche l’attitude de Vienne, jugeant « impossible qu’à chaque fois que les Européens doivent prendre une décision, un ou quelques pays se rappelle à la dernière minute qu’il a des objections très importantes ». « Ce n’est pas sérieux. Nous perdons notre crédibilité », a-t-il fustigé.

Source : tsr.ch


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