Alger la Blanche

Harry Potter dans l’antichambre

 
Moins d’engouement pour « Harry Potter et le prince de sang-mêlé », dont 2 millions d’exemplaires ont malgré tout été édités en français. Chacun attend le septième.
Posté le lundi 3 octobre 2005.

Que le dernier chapitre du dernier tome des aventures de Harry Potter soit déjà écrit, bien rangé dans une farde jaune, elle-même à l’abri dans un coffre, n’est plus un secret. Dès la lecture du deuxième volume, « Harry Potter et la chambre des secrets », on réalise à quel point le récit de Joanne Kathleen Rowling est pensé, construit et élaboré tel un puzzle dont chaque pièce devient indispensable maillon. Chaque ? Peut-être pas car il apparaît que plus les livres avancent, plus l’auteur tire à la ligne, donnant notamment à « Harry Potter et l’ordre du Phénix » (cinquième tome) un côté feuilleton légèrement lassant.

Pourquoi dès lors s’agiter ? Nombreux sont déjà ceux qui savent quand et pourquoi ils vont pleurer dans « Harry Potter et le prince de sang-mêlé », sixième tome des aventures du célèbre sorcier en vente samedi 1er octobre (23,50 euros) dès 0h01. Les plus curieux savent aussi « qui embrasse qui » dans un volume où les amours adolescentes prennent une place somme toute fort logique vu l’âge de Harry. Pourquoi s’agiter donc ? Parce qu’on arrive inexorablement vers le septième et dernier volume d’une saga qui depuis huit ans enflamme les enfants de la planète entière ; parce que comme annoncé par l’auteur, l’univers se révèle de plus en plus sombre pour avancer vers une fin que l’on sait redoutable et presque inacceptable puisque la seule issue possible est que l’un des deux principaux protagonistes, Voldemort et Harry Potter, meure pour laisser vie à l’autre.

Le dernier volume passera également inévitablement par l’épreuve initiatique voulue par la grande tradition des romans d’apprentissages, encourageant Harry Potter à s’affranchir de Voldemort pour entrer dans l’âge adulte. On l’aura compris, ce roman de 750 pages ressemble à l’antichambre du dernier tome, pour lequel J.K. Rowling aura sans nul doute réservé le meilleur d’elle-même.

Folie ordinaire

Malgré cela, la folie ordinaire reste bien orchestrée pour la sortie du tome VI. Comme de coutume, le célèbre traducteur Jean-François Ménard n’a reçu les épreuves qu’après publication de la version anglaise mais a accepté cette fois de livrer son travail par tranches de 15 pages pour permettre à l’heureux éditeur français, Gallimard, de gagner un temps précieux. Habituellement programmé début décembre, juste avant les fêtes, Harry aura trente jours d’avance sur Halloween. Il ne viendra surtout pas troubler l’étude des élèves pendant les examens de Noël, période où les lectures palpitantes ont tendance à être proscrites par les parents.

En quelques chiffres, puisque Harry Potter est devenu un incroyable phénomène d’édition, rappelons que deux millions d’exemplaires, soit presque le double de celui du tome V, ont été imprimés. Au total, les cinq premiers tomes de la saga se sont vendus à 300 millions d’exemplaires dans le monde, dont 17,2 millions en français (16 millions en France, 930000 en Belgique). Harry a fait la bonne fortune de Gallimard-jeunesse, chaque sortie « pesant » pour 10pc de ses 41 millions d’euros de chiffre d’affaires.

A Paris, un millier de librairies resteront ouvertes pour l’occasion et en Belgique de nombreuses librairies jeunesse(1) ouvriront également leurs portes et profiteront de l’aubaine pour dévoiler aux enfants la forêt qui se cache derrière l’arbre Harry.

Source : lalibre.be


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