Alger la Blanche

Alger « respirera » en 2006

 
La willaya d’Alger souffre depuis longtemps d’un sérieux déficit en matière d’infrastructures routières. Un état de fait assez pénalisant pour le citoyen.
Posté le mardi 18 octobre 2005.

En effet, il est clair que circuler dans la capitale ou emprunter ses routes, est loin d’être une sinécure pour les usagers. Emprunter certains axes routiers relève d’un véritable parcours du combattant pour les automobilistes. Depuis des années, les grandes artères sont quotidiennement prises d’assaut par des milliers d’automobilistes.

Face à cette situation, des mesures ont été prises récemment par la wilaya d’Alger - en vertu de la décision 746 du 25 avril 2005 - l’ébauche qui contenait 24 articles se veut, selon ses promoteurs, un outil efficace pour désengorger la circulation. Il n’est un secret pour personne que, face à l’évolution et l’extension vertigineuse des activités économiques et commerciales, le réseau routier, inadéquat, n’a pas suivi. S’ajoute à cela, la croissance incessante du parc automobile. 800.000 véhicules à Alger

La direction des transports a recensé, pour l’année 2005, 800 000 véhicules circulant à Alger. Ce qui justifie, entre autres, une nouvelle politique du transport dans la capitale et qui intègrera l’ensemble des paramètres liés au trafic routier, à commencer par le casse-tête des poids lourds. En juin dernier, le nouveau plan mis en oeuvre, vise à rendre plus fluide la circulation routière. Ainsi, aux termes de cette nouvelle disposition, les poids lourds ne sont plus autorisés à circuler, de jour, dans le centre-ville et autres quartiers populaires.

Sachant que les poids lourds sont au nombre de 25.000 véhicules, sur les 800.000 véhicules qui circulent quotidiennement dans Alger, le nouveau plan amène donc une sérieuse bouffée d’oxygène. Une amélioration progressive de la circulation a été enregistrée après l’application du plan de transport, a affirmé le sous-directeur des transports de la wilaya d’Alger, M.Nacer Messaoud. Concernant les activités de l’Entreprise portuaire d’Alger, dans le cadre de l’application de ce plan, le responsable a précisé que « la situation est normale et peut s’améliorer davantage à l’avenir », soulignant que « la rentabilité des poids lourds le soir est meilleure que dans la journée ». « Le plan de transport de la wilaya d’Alger, a-t-il ajouté, n’a pas d’effet sur le fonctionnement des différents projets en cours dans la capitale à l’instar des chantiers de travaux publics », précisant que « la problématique ne réside pas dans le travail des chantiers qui peut se poursuivre 24h/24h, mais dans l’approvisionnement de ces derniers en matériaux qui se fait au moyen de camions, la nuit ». M.Messaoud a estimé, à ce propos, que « l’approvisionnement de ces chantiers la nuit est préférable en raison de la fluidité de la circulation, qui donne la possibilité aux responsables des chantiers d’augmenter le nombre de camions et d’effectuer ainsi plusieurs rotations ».

Les exceptions contenues dans le plan « ne concernent pas des individus mais des projets et s’inscrivent dans le cadre des cas urgents soumis à l’appréciation et à l’autorisation des pouvoirs publics ». Selon notre interlocuteur, 100 points de conflits ont été recensés dans la capitale et qui feront l’objet d’un traitement par les feux de signalisation tricolores. « Grâce à une pareille mesure, nous gagnerons un effectif que nous pouvons orienter vers une autre mission, à savoir faire respecter le code de la route », dira-t-il, avant d’ajouter qu’une étude sur l’organisation du plan des transports et de circulation a été confiée à un bureau d’études canadien, lequel achèvera ses travaux à la fin de l’année. Cette étude dégagera trois tranches temporaires, à savoir court terme (2007), moyen terme (2010) - après l’installation des transports en commun à l’image du métro et du tramway - et long terme pour 2020. Cette dernière partie sera basée sur la réorganisation totale de la circulation.

Pour sa part, le ministère des Travaux publics a entamé, depuis 2002, tout un programme de grands projets d’aménagements urbains (trémies, passages supérieurs, élargissements, liaisons nouvelles) et ce, en vue de supprimer les points noirs de congestion, de permettre des échanges rapides entre les différentes localités d’une part et de l’autre pour améliorer la sécurité et le confort des usagers. « Le réseau routier d’Alger est composé de près 180 km de voies express et tronçons d’autoroutes qui forment l’ossature principale, répartis sur une partie périphérique et sur un ensemble de radiales et pénétrantes. Ainsi, dans le cadre du schéma directeur du réseau routier de la capitale, il est prévu une multitude de grands projets.

L’objectif de ce schéma est de doter la capitale d’un réseau express l’entourant, complété par un ensemble de radiales et de pénétrantes », dira M.Omar Oukil, chargé de la communication au ministère des Travaux publics. Ce vaste programme commence déjà à porter ses fruits, puisque 9 « points noirs » ont été éliminés après par la réalisation de projets d’aménagement au carrefour Oulmane Khelifa, 1re tranche, la liaison pénétrante des Anassers (autoroute de l’Est), l’échangeur du 1er-Mai, radiale de Oued Ouchaïeh (tronçon rocade sud/Baraki), aménagement du carrefour Addis-Abeba, du carrefour Mauretania, du carrefour Clairval et celui « des Deux Bassins ». Le ministère a réussi à achever le greffage de bretelles au niveau de l’échangeur de Oued Smar en un temps record. Du côté Est, le projet d’aménagement du carrefour de Dar Beida est opérationnel depuis un mois.

Par ailleurs, selon M.Belkacem Ferachi, chef de cabinet au niveau du ministère des Travaux publics, la saturation du réseau routier au niveau de la capitale a nécessité de nouvelles actions qui se sont avérées importantes par l’engagement des aménagements adéquats qui s’inscrivent dans le schéma cohérent et global. Ainsi, une dizaine de projets sont en cours de réalisation qui seront opérationnels vers la fin de l’année. A citer le projet de la radiale de Oued Ouchaïeh (tronçon Baraki/RN1), l’aménagement du carrefour de Chevalley qui s’inscrit dans l’axe qui permettra de relier la rocade sud à l’autoroute de l’Est via les voies express du 5-Juillet et de Frais-Vallon, ainsi que la RN 11 et l’avenue de l’ALN.

Deux autres projets sont aussi prévus pour la fin décembre et qui sont d’une grande importance et qui sont l’échangeur des Bananiers et l’aménagement d’accès à la nouvelle aérogare d’Alger. Il faut mentionner également que la démarche du ministère des Travaux publics est basée sur l’identification des insuffisances en matière de capacité, de configuration des points d’échanges et des points de cisaillement en vue d’assurer une bonne fluidité du trafic et garantir une meilleure connexion des voies urbaines. Un projet de 20 trémies

Les actions qui seront adoptées visent en premier lieu, les axes stratégiques et se résument essentiellement par le désengorgement des principaux carrefours congestionnés par la réalisation de trémies et de grands ouvrages d’art et la reconfiguration des points d’échange par des aménagements en surface (carrefours giratoires, bretelles). Ainsi, le ministère des Travaux publics entamera, dans quelques mois, plusieurs projets dans ce sens, à savoir la réalisation d’un axe routier qui liera la rocade sud et l’avenue de l’ALN passant par les carrefours livrés (Olof-Palme, Sahel, Saïd-Allik (projeté, Colonne-Voirol (projeté), Addis-Abeba, la Concorde civile et l’échangeur 1er-Mai. Le deuxième axe liera l’échangeur de la Concorde, Bir-Mourad-Raïs, centre Hydra et El Mouradia en passant par le carrefour de la Concorde. Il est projeté à ce niveau la réalisation de deux trémies.

Le troisième axe concernera la cité Malki qui sera lié à l’autoroute de l’Est après la réalisation de la rocade sud. Le quatrième axe concernera le projet de réalisation la rocade sud au Palais des nations. Cette rocade passera par le carrefour Bouchaoui, et le carrefour entrée Club des Pins (RN 11). Les cinquième, sixième et septième axes comptent la réalisation des rocades suivantes : Chéraga-ouest et Palais des nations, accès hôpital Aïn Naâdja et la réalisation d’une série de trémies qui lieront l’avenue Ali-Khodja et Chéraga (RN 41). D’autres aménagements sont projetés par le ministère et qui concerneront la réalisation de plusieurs routes nationales, alors que d’autres seront touchées par le projet d’élargissement en 2x2 voies.

Parmi les routes qui seront concernées par le dédoublement, la RN 8. Cette dernière, d’une importance nationale, relie Alger à Boussaâda. Elle assure l’essentiel des échanges entre le nord et le sud du pays. Une fois élargie, elle servira de pénétrante reliant l’actuelle rocade sud au niveau de l’échangeur RN 8 à la future 2e rocade sud d’Alger. En termes financiers, et pour la poursuite des actions au niveau des différents axes, le secteur a inscrit, en 2005, un programme qui s’élève à 25.450 millions de dinars.

Six autres projets sont inscrits dans le programme et seront lancés avant la fin de cette année, à l’instar de la réalisation d’une trémie au niveau de l’Institut de criminologie de la Gendarmerie nationale, et l’aménagement du carrefour de la Colonne Voirol. Au titre du programme quinquennal, le secteur compte lancer plusieurs actions d’envergure qui visent la suppression des points noirs de la circulation et l’extension des capacités du réseau actuel. Selon M.Oukil, ces projets permettront essentiellement à la capitale d’avoir sa bouffée d’oxygène, en se débarrassant des 30 points de congestion. Cet objectif, d’après les responsables, sera atteint à la fin 2006.

Par lexpressiondz.com


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