Alger la Blanche

Le FMI lie l’augmentation des salaires à la croissance en Algérie

 
De Vrijer, chef de la mission du FMI en Algérie, a proposé hier lors de son point de presse, l’adoption d’une politique salariale visant à préserver la compétitivité des entreprises face à la concurrence extérieure.
Posté le mardi 18 octobre 2005.

« Nous ne sommes pas [le FMI] contre le principe d’augmenter les salaires, mais nous recommandons de lier le taux de toute augmentation avec le taux de croissance de la production hors hydrocarbures », a-t-il expliqué en ajoutant « car c’est cette production là qui devrait être la vraie génératrice de richesse ». Pour ce qui est de la politique monétaire du pays, le FMI estime que le renforcement du contrôle de la Banque d’Algérie sur la liquidité du système bancaire est plus que jamais souhaité.

La poursuite de la réforme bancaire dont la privatisation des banques publiques, l’assainissement des relations entre ces banques et les entreprises publiques ainsi que la « liberté totale » de la convertibilité du dinar sont également recommandés par le fonds. D’autre part et afin d’encourager davantage l’investissement productif, le chef de la mission du FMI a relevé l’importance « d’éviter toute mesure discriminatoire qui empêcherait la transition de l’Algérie vers une économie de marché, d’entamer une réflexion sur la rationalisation de la fiscalité en éliminant les exonérations et enfin de réduire davantage les charges patronales ».

M. De Vrijer a annoncé au passage qu’une conférence sur la facilitation du commerce en Algérie, au Maroc et en Tunisie afin d’encourager l’intégration régionale aura lieu novembre prochain à Alger. Ainsi, le FMI, préconise une économie créatrice de richesses qui rompt avec l’économie rentière. Le FMI considère toute augmentation de salaire décidée de façon administrative, comme factice et non productive, alors que les secteurs hors hydrocarbure ne produisent même pas le tiers de la plus-value nationale. D’un point de vue strictement économétrique la thèse du FMI est incontestable. Cependant, si l’on prend en considération la situation sociale, le niveau de vie et le pouvoir d’achat de la majorité des Algériens, notamment ceux activant dans le secteur de la fonction publique et ses retraités, il y a péril en la demeure.

D’autant plus que les lois de finances sont établies sur la base d’un prix référentiel du baril du pétrole très en deçà de sa valeur réelle. Ce qui laisse aux pouvoirs publics une manœuvre très confortable pour revaloriser la grille des salaires afin justement de prémunir les fonctionnaires contre les tentations prédatrices qui portent préjudice à un secteur qui ne produit pas de richesses matérielles mais nécessaire au fonctionnement de l’Etat et de ses institutions. L’éducation, la santé, l’administration... sont des secteurs clés pour développement d’un pays, pour peu que leurs fonctionnaires soient mis à l’abri du besoin qui pourrait les pousser à travestir l’esprit de leur mission, comme c’est souvent le cas depuis une vingtaine d’années.

Par latribune-online.com


A la Une
Algérie
Monde
Economie
Culture
Sports
Sciences
Informatique
Alger
Blida
Boumerdès
Tipaza