Alger la Blanche

Saïd Sadi : “Le régime est déjà dans l’après Bouteflika”

 
La maladie de Abdelaziz Bouteflika et ses implications tant immédiates qu’à venir ont été au menu d’une interview qu’a accordée, jeudi dernier, Saïd Sadi au quotidien français Le Parisien . “A l’évidence, le système maffieux qui constitue la matrice du régime est déjà dans l’après Bouteflika”, estime le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie.
Posté le mardi 17 janvier 2006.

Sadi, rompant d’avec l’unanimisme ambiant autour de la question, assène tout haut ce que tout le monde pense tout bas : “Bouteflika veut rester toute sa vie au pouvoir. Mais l’annonce de sa maladie, grave ou pas, a provoqué une grande excitation dans les sphères du pouvoir.

Les “parrains” s’agitent. On retombe dans le pire des scénarios. Les candidats du sérail sont dans les starting-blocks attendant d’être hélitreuillés vers la présidence. Des fuites sont organisées.” D’où sa conclusion que “le système maffieux (...) est déjà dans l’après Bouteflika”. Le patron du RCD étale, tout de suite après, la question “tabou” en ces termes “crus”. A la question du journaliste du Parisien quant à savoir si “lui-même (Bouteflika, ndlr) il a un droit de regard sur son successeur”, Saïd Sadi, psychiatre de formation faut-il le rappeler, eut cette réponse : “Tout dépend du moment où il reconnaît que sa succession est ouverte.

S’il l’admet assez tôt, la fonction symbolique, la présidence qu’il exerce, peut lui permettre de peser sur le cours des choses.” L’un des rares, sinon l’unique homme politique à faire et à assumer l’opposition au régime en place depuis le 8 avril 2004 n’a pas manqué, par ailleurs, de revenir sur “le show” du 31 décembre dernier organisé en guise “d’accueil populaire” pour Bouteflika. “La compensation des bilans désastreux par l’excitation des foules « conviées » à fêter le retour du chef atteste d’un autisme politique hors époque.

L’Algérie de 2006 mérite mieux que cette kermesse populiste .” Ignorant peut-être que ce genre de “spectacles” a toujours été une spécialité “étatique” de ce côté-ci de la Méditerranée, l’interlocuteur de Sadi relance, étonné : “Le retour du président Bouteflika a donc été mis en scène ?” La réponse est tranchante “Bien sûr. Mais le fait que l’administration n’ait pu rassembler que 25000 à 30000 personnes, alors que des moyens colossaux ont été mobilisés dans toute l’Algérie, confirme l’incapacité des cercles occultes à manipuler les populations.”

La longue hospitalisation de Bouteflika à Paris fera, par ailleurs, dire à Sadi que l’Algérie “était déjà passablement paralysée par la concentration des pouvoirs entre les mains d’un seul homme. Avec sa maladie, tout s’est aggravé. Le minimum n’a pas été assuré. (...) L’Etat a été mis entre parenthèses et cela dure toujours.” En guise de conclusion, Sadi s’en prendra à la propagande officielle qui veut faire accroire à un “boom” économique et à la prospérité. “Il n’y a pas de gouvernance. Il n’y a que des jeux de pouvoir en Algérie.” Il s’explique : “Alors que le cours du baril a été multiplié par trois ces derniers mois, j’observe que le nombre de mendiants à Alger a augmenté dans les mêmes proportions. La responsabilité de gestion n’est ni apparente ni contrôlée. Celui qui décide ne gère pas, et celui qui gère ne décide pas. Le drame de l’Algérie est là”, fera-t-il remarquer.

Source : Le Soir d’Algérie


A la Une
Algérie
Monde
Economie
Culture
Sports
Sciences
Informatique
Alger
Blida
Boumerdès
Tipaza