Alger la Blanche

Le combat contre la corruption en Algérie

 
Comme nous l’avions indiqué dans nos éditions des 17 et 19 décembre 2005, un débat public sur l’état des lieux de la corruption en Algérie, l’utilité de la Convention des Nations unies contre la corruption et que faire pour combattre ce fléau, a eu lieu au Théatre régional de Béjaïa dans le cadre de la reprise des “jeudis littéraires” de la Ligue des arts dramatiques.
Posté le mardi 17 janvier 2006.

Le débat avait été précédé d’un exposé présenté par le porte-parole de l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC). Le débat proprement dit a duré près de deux heures et de nombreuses questions ; réflexions, analyses, constats et propositions ont été avancés. Les propos dominants qui ont marqué la rencontre sont : l’accès à l’information dans la lutte contre la corruption et la notion d’intox ; l’économie rentière favorisant la corruption ; quels sont les remèdes contre la corruption et quels sont les mécanismes de lutte ? comment s’organiser pour y faire face et y a-t-il encore des femmes et des hommes pour lutter ?

Des élus et d’anciens élu présents à cette rencontre se sont interrogés sur le rôle de l’élus local dans la prévention de la corruption. Des participants se sont interrogés où se situent les limites entre la corruption et les pratiques mafieuses, et comment régler ce problème ? Est-ce qu’après l’arrêt du processus électoral en 1992, n’a-t-on pas assisté à la mise en place d’une oligarchie ? M. Naceri, ancien président de l’APW de Béjaïa, a insisté sur la prévention de la corruption par l’information et la sensibilisation dans le secteur de l’éducation, ce qui, à ses yeux, serait le meilleur investissement à long terme pour les générations de demain.

De nombreuses questions ont porté sur les objectifs et les missions de l’AACC dans la lutte contre la corruption. Un intervenant, et de manière très pertinente, a fait le lien entre le combat citoyen pour la démocratie et le combat contre la corruption, en s’interrogeant sur le rôle des partis politiques. Et la corruption dans le secteur de la justice, comment y faire face ? a demandé un participant, quand on sait le rôle essentiel qu’elle peut jouer contre la corruption, en citant l’exemple des magistrats français qui ont osé s’attaquer à quelques grandes affaires de corruption.

La volonté des Nations unies à s’attaquer à la corruption par l’intermédiaire notamment de ce nouvel instrument a été mise en doute par un intervenant qui a rappelé que cette organisation internationale est régulièrement éclaboussée par de grands scandales de corruption, le plus récent étant celui de l’opération “Pétrole contre nourriture” en Irak, que certains médias n’ont pas hésité d’ailleurs à “rebaptiser” “Pétrole contre pourriture” ! Certains participants à la rencontre ont particulièrement insisté sur le rôle essentiel de la sensibilisation dans la lutte contre la corruption, en s’adressant notamment au petit peuple et avec un langage simple.

D’autres se sont interrogés si la lutte contre la corruption ne passe pas par le rejet du système capitaliste, ou si on pouvait atteindre le niveau zéro corruption. Un intervenant a tenu à rappeler les tentatives du président Boudiaf de lutter contre la corruption, tentatives qui lui ont été fatales. L’assistance nombreuse qui a assisté à cette rencontre a souligné avec force les énormes difficultés qui entravent le combat contre la corruption, face à un pouvoir qui est gangrené par ce fléau, pouvoir anti-démocratique, autoritaire et policier. Nombre d’intervenants n’ont pas caché leur pessimisme face à l’étendue de la corruption, sans pour autant aller jusqu’ à affirmer que le combat était perdu d’avance et tout en exprimant leur disponibilité pour la plupart à intégrer ce combat.

Mais comment s’y prendre et par où commencer ? Deux questions qui sont sans cesse revenues lors des débats. Une chose est certaine, beaucoup de participants ont souhaité que des débats pareils se reproduisent et qu’ils se traduisent par des démarches concrètes de lutte contre la corruption sur le terrain.

Source : Le Soir d’Algérie


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