Alger la Blanche

Zerhouni conspué

«La révocation des indus élus » issus des élections locales du 10 octobre a fait l'objet, hier, de discussions entre les onze émissaires des aârouch mandatés par l'interwilayas et le Chef du gouvernement Ahmed Ouyahia après avoir réglé dans un premier round de négociations les cinq premières questions (défiscalisation de la Kabylie, règlement des factures de Sonelgaz).

Le départ des élus installés dans les régions kabyles figure, en effet, parmi les autres préalables à la mise en application de la plate-forme d'El Kseur. Ce point revêt un caractère particulier d'autant qu'il s'agit purement d'une revendication politique. La réunion entamée entre les deux parties en début d'après-midi d'hier (13 h) se poursuivait à l'heure où nous mettons sous presse, a-t-on appris par le biais de Belaïd Abrika, délégué de la CADC. La tournure que prendra la situation dépend de la réponse que réservera le gouvernement à cette incidence.

Car, faut-il le noter, les aârouch exigent la satisfaction des six conditions posées avant d'aller au dialogue. Pour rappel, depuis les législatives de mai 2002 et les locales d'octobre 2002, les citoyens de la Kabylie n'ont cessé d'exiger le départ de ces élus en incombant l'entière responsabilité au ministre de l'Intérieur, Nourredine Yazid Zerhouni, dans cette situation. Mais ce dernier n'a fait qu'annoncer à maintes reprises la tenue des partielles sans toutefois aller jusqu'au bout. Le fait d'avoir imposé des élus au niveau communal et de wilaya en Kabylie a soulevé, faut-il le rappeler, le courroux de la population. « C'est l'un des griefs que nous avons contre Zerhouni », a confié hier Belaïd Abrika en soulignant qu'avant de répondre favorablement à l'invitation du Premier ministre, l'interwilayas a posé une condition qui concerne la non-participation de Zerhouni aux pourparlers.

Un point qu'Ouyahia a satisfait. « Sans cela, les délégués du mouvement citoyen ne seraient pas allés à la rencontre avec Ouyahia », a encore tenu à préciser Abrika qui a signifié, par ailleurs, que le ministre de l'intérieur reste toujours indésirable chez les aârouch pour avoir « mal géré la crise en Kabylie ». Ce ne sont pas uniquement les délégués du mouvement citoyen qui en veulent à Nourredine Yazid Zerhouni, mais le FLN de Benflis a également des reproches à faire au ministre de l'Intérieur. La chambre administrative de la cour d'Alger examinera d'ailleurs aujourd'hui la plainte déposée contre lui et contre tous les walis d'Algérie en octobre dernier par le FLN « pour usurpation de qualité ». Les pro-Benflis réclament l'interdiction de toute réunion au nom du parti. La procédure est intervenue pour mémoire quelques jours après la proclamation officielle du mouvement de redressement et la désignation du ministre des Affaires étrangères, Abdelaziz Belkhadem, à la tête de ce mouvement, et ce, lors d'une rencontre organisée au nom du parti dans la wilaya de Djelfa.

La situation commence visiblement à s'emballer pour le ministre de l'Intérieur avec cet enchaînement d'hostilités à son égard. Il est décrié de tous les côtés. Les députés du FLN l'ont encore conspué hier ­p; après l'avoir fait une première fois samedi - en l'accueillant à l'hémicycle lors du vote de la proposition de révision de la loi électorale par les cris de :
« Zerhouni barra (dehors) ! », « Zerhouni assassin ! ».

Samira Imadalou, Le matin


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