Alger la Blanche

Zeroual : « Le temps du messie est fini »

Dans un communiqué rendu public hier, l'ancien président Liamine Zeroual s'est exprimé sur la prochaine élection présidentielle. L'ex-chef de l'Etat se dit convaincu que l'alternance au pouvoir est une noble vertu de la culture politique à même d'asseoir le nouvel ordre politique national.

Le président Liamine Zeroual s'est exprimé hier dans un long communiqué de presse, à la suite de l'appel lancé par des citoyens et citoyennes lui demandant de se présenter à l'élection présidentielle de 2004. D'emblée, le président Zeroual exprime sa considération et sa gratitude aux initiateurs de l'appel et aux milliers d'algériens et d'algériennes qui y ont souscrit, estimant que ce geste est une « précieuse marque de confiance » à l'endroit de sa personne et souligne qu'une initiative d'un tel ordre de grandeur citoyenne renseigne sur « le degré d'enracinement de la culture démocratique » chez les citoyens.

Estimant que cet acte traduit une évolution qualitative de l'exercice de l'acte politique et de la liberté d'expression, l'ex-chef d'Etat, qui se dit redevable de cette initiative « généreuse », donnera ensuite son « appréciation personnelle » à l'objet de cette démarche « significative » en rappelant que le 11 septembre 1998, il s'était adressé au peuple algérien et lui avait fait part de sa décision mûrie d'organiser une élection présidentielle anticipée, sans pour autant s'y porter candidat, « à l'effet, dit-il, d'asseoir davantage la pratique démocratique dans l'exercice de l'acte politique et de promouvoir concrètement, à travers cette importante initiative dans la vie de la nation, la vertu de l'alternance démocratique au pouvoir dans les murs politiques de notre jeune république ». Il précise que « même si à cette période certaines voix se sont autorisées à faire d'autres appréciations infondées de mon discours, je peux aisément réaffirmer aujourd'hui que, par cette décision, ma seule et unique conviction était alors celle d'impulser un réel saut qualitatif à l'uvre de construction démocratique à laquelle s'était attelée l'Algérie voilà déjà bien plus d'une décennie ».

M. Zeroual affirme qu'il a agi par profonde conviction pour « permettre à l'Algérie de se mettre durablement à l'abri des violents soubresauts que pouvaient induire la passion des hommes et les aléas événementiels » et par souci « d'aiguiser davantage le sens des responsabilités à tous les niveaux de l'édifice institutionnel de la république pour sceller davantage la séparation des pouvoirs que consacre la constitution algérienne ». Le président Zeroual se dit convaincu que seules les institutions ayant une légitimité populaire sont en mesure de permettre l'émergence d'un « nouvel ordre politique national », conforme aux ambitions démocratiques de la majorité des algériens et qu'impose la logique du contexte international dans lequel nous évoluons.

Revenant aux circonstances de son retour aux affaires de l'Etat en 1994 et rappelant le grave état de déliquescence des institutions et de l'économie nationale ainsi que le degré de nuisance du terrorisme qui avait atteint « un niveau jamais égalé dans l'histoire contemporaine », Liamine Zeroual estime qu'en 1998, l'Algérie a pu retrouver ses repères et une confiance dans l'avenir grâce à « l'inépuisable gisement de ses capacités et aptitudes intrinsèques ». Le président précise toutefois que les acquis de cette période restaient insuffisants devant l'ampleur des difficultés et des grands objectifs nationaux à atteindre.

Aussi, se dit-il également convaincu que la conjugaison des efforts de l'ensemble des algériens, le partage équitable des sacrifices et la juste répartition des effets de la croissance peuvent asseoir durablement la confiance retrouvée et chèrement reconquise. Cette uvre, selon lui, se projette sur plusieurs générations, car « la culture des miracles et du mythe de l'homme providentiel » n'est plus de ce temps. « En cela, la vertu de l'alternance démocratique doit participer activement à l'émancipation de la conscience politique et libérer toutes les énergies disponibles », afin, dit-il, de donner à l'Algérie toutes ses chances d'être un pays stable, prospère et profondément respectueux des droits fondamentaux de ses citoyens. C'est cette certitude qui lui fait formuler, à la fin, la même réponse qu'il a eu à donner en 1998 : « L'alternance demeure, de mon point de vue, une noble vertu de la culture politique en mesure d'ouvrir de nouvelles perspectives pour l'avenir de l'Algérie. »

A. L. , Le Matin


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