Alger la Blanche

Un gêneur onusien non grata à Alger

L'affaire fait grand bruit dans les milieux onusiens, même si le principal intéressé refuse d'en souffler mot.

Ce n'est pas tous les jours, en effet, que le responsable d'une agence de l'ONU est déclaré persona non grata. C'est pourtant ce qui est arrivé à Paolo Lemba, représentant à Alger du Pnud (Programme des Nations unies pour le développement).

Il y a un peu plus d'une semaine, l'ambassadeur d'Algérie à New York a demandé son rappel, arguant de son attitude pendant le séisme qui a dévasté l'Algérois le 21 mai. En réalité, la mobilisation du Pnud et de son directeur semble avoir irrité les autorités algériennes. Comme si leur inertie des premiers jours s'accommodait mal de la création quasi immédiate par le représentant onusien d'une cellule de crise destinée à étudier les moyens d'aider les sinistrés, ou du déploiement sur le terrain de neuf experts internationaux chargés d'évaluer les besoins et de coordonner l'assistance internationale en fonction des priorités. Ou de la mobilisation de fortes sommes d'argent pour parer au plus urgent.

La répulsion d'Alger à tolérer des témoins de son incurie ­ surtout s'ils appartiennent à des organisations internationales ­ a évidemment pesé dans la volonté de se débarrasser de Lemba. Mais il est difficile de réduire cette affaire à un mouvement d'humeur lié au seul séisme. En Algérie, le Pnud était engagé dans des projets très importants, concernant notamment l'informatisation et la modernisation du Parlement et de la Justice. Un secteur qui touche aussi au domaine ultrasensible qu'est la corruption et ne fait pas bon ménage avec trop de dynamisme et d'efficacité.

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